Pourquoi je raffole des câlins intellectuels

Posté par Anne-Sophie 12 Commentaires le 27 février 2011

C’est un petit concept qui m’est apparu hier après-midi durant la sieste*. Me laissant bercer par le rythme d’une journée de procrastination totale, l’idée, bizarre, est doucement venue me titiller l’esprit. Et si nous étions de plus en plus nombreux à chercher de quoi nous câliner l’intellect  ?

Je m’explique : le succès d’un ouvrage comme celui de Stéphane Hessel, Indignez vous, ou la rapidité avec laquelle sont achetées les places d’une conférence TED (sans parler du nombre de vidéos regardées chaque jours sur leur site internet) témoignent du besoin de repères de la pensée, de la façon dont nous voulons être surpris, dont nous cherchons à nous émoustiller les idées et la créativité.

Tout dépend de votre libido intellectuelle

Est-ce un truc d’intello pour autant ? Bien sûr que non. Le câlin intellectuel n’est pas élitiste. Passer du temps avec ses amis, partager un bon moment, rire, s’émouvoir, s’extasier devant le dernier programme de télé réalité ou devant la dernière expo de votre artiste contemporain préféré… sont autant de petites jouissances, de petits plaisirs qui vous appartiennent.

Tout dépend de votre façon de concevoir la vie et vos priorités. Certains ont des plaisirs simples, d’autres sont pris dans la course effrénée de leurs centres d’intérêt. Certains câlins sont plus raffinés que d’autres, font appel à la curiosité, à un besoin de découverte constant. D’autres font ça machinalement, par la force de l’habitude, sans réaliser le risque de passer, alors, à côté de richesses insoupçonnées, ou même de l’orgasme d’une vie, parfois. Et puis c’est bien connu, les conduites à risques n’amènent rien de bon.

Un appétit féroce

Pour ma part, j’avoue avoir un appétit féroce ! Oui oui. Des envies constantes à assouvir, le besoin de découvrir les autres, de partager une réflexion, d’être étonnée. C’est une façon d’être stimulée, de s’emporter ou d’être totalement en phase… comme dans une communion, de s’accompagner réciproquement dans la réflexion, de se soutenir et d’aller encore plus loin.

Dans les câlins intellectuels que je partage avec mes proches – ou moins proches, car en la matière, un(e) parfait(e) inconnu(e) peut vous procurer un plaisir intense, je déguste les sensibilités, dévore les capacités à s’émouvoir et m’extasie des esprits futés ou brillants.

Mais je dois bien l’avouer: s’il y a bien une chose qui m’exaspère, c’est la branlette. Autant le câlin intellectuel se partage, autant cette dernière reste un exercice de style destiné au seul plaisir de celui qui la pratique.

Et vous in fine, aimez vous prendre votre pied de cette manière? Êtes vous aussi addicts aux câlins intellectuels ?

* Sieste non crapuleuse, je vous arrête de suite, même si, au final…;-)

Categories: ça cogite...


12 réponses

  1. Richard dit :

    Excellent post pour secouer les draps encore tièdes de l’avachissement dominical.
    (c’est pas un nénuphar, ta fleur, hé, c’est un lotus, et confidence pour confidence, j’adore sa position;-) ).

  2. Rebecca dit :

    J’adore cette idée de câlins intellectuels!! Mais j’aime aussi les siestes crapuleuses. Et puis l’un et l’autre peuvent se suivrent.
    Je crois que c’est sur le Net que je m’accorde le plus de câlins intellectuels, en lisant des blogs, en échangeant…

  3. Sebvray dit :

    J’aime bien le concept ! L’émotion associée à une pratique intellectuelle.

  4. Sabbio dit :

    J’adore l’idée mais aussi le ton de ce billet! ;) Bref, oui moi aussi j’aime beaucoup les câlins intellectuels, ça fait un bien fou! Et je suis une grande liseuse, lire est une source permanente de câlins intellectuels qui caressent mes zones intellectuellement érogènes…si si ^^

  5. [...] Il m’est arrivé de ressortir d’interview en ayant la sensation d’avoir fait un bon vrai câlin intellectuel; certaines brèves de vie font partir tellement loin parfois que l’on est alors comme [...]

  6. Tan dit :

    Le calin intellectuel? J’adore et j’adhere! Je vis a l’etranger et mene une vie de « femme d’expat » par consequent cette douceur cerebral se fait rare mais la trouver n’est pas impossible.

  7. [...] free-hugs avec votre voisinage ou dans la rue, ça ne peut que faire du bien !! Sinon, tentez le câlin intellectuel, mais il se travaille plus [...]

  8. Pascal dit :

    Le « câlin intellectuel » se pratique avec d’autres en mode miroir. Selon ta propre vision de l’existence, la perception, la sensibilité, la conscience, l’écoute … alors tu rencontres l’autre dans le même univers. Une mauvaise rencontre est souvent un moment où je suis mal avec moi même …
    Alors après une vie de contraintes, je pars sur le chemin (14500KM entre US et Chile avec 2 ânes) pour rencontrer le câlin de la nature, le câlin partagé avec les autres et évidemment le câlin avec moi même que j’appelle la créativité.
    Merci du concept « câlin », connais-tu l’histoire des Chauds DouDou? Histoire d’enfants merveilleuse qui écho le même sens de la vie.

  9. mena lys dit :

    j’aime beaucoup cette phrase !

     » je déguste les sensibilités, dévore les capacités à s’émouvoir et m’extasie des esprits futés ou brillants. « 


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